FRANZ SCHUBERT (1797-1828 )
Bien que mort à 31 ans, Schubert est l'un des grands compositeurs du XIXe siècle et le maître incontesté du lied. Il est le 12e d'une famille de quatorze enfants. Son père Franz Theodor, instituteur, lui donne ses premières leçons d'alto, et son frère Ignaz lui apprend le piano.
De 1808 à 1813, il est chanteur dans le chœur de la chapelle impériale de Vienne et étudie à l’école de formation des chanteurs de la chapelle de la cour. Pendant cette période, il commence à composer malgré les réticences de son père. Schubert écrit d'abord pour le piano (dès 1810), puis pas moins de huit quatuors à cordes, quelques ouvertures et des lieder.
En 1812, il devient l'élève d'Antonio Salieri, directeur de la musique à la Cour de Vienne, pour lequel il gardera de l'estime jusqu'à sa mort.
En 1813, fortement influencé par Haydn, Mozart, et surtout par Beethoven, il compose sa première symphonie. Quelques années plus tard, Schubert, qui à seulement 17 ans, a déjà composé un opéra, une messe, et son premier chef-d'œuvre dans le domaine du lied (Marguerite au rouet - Gretchen am Spinnrade, 1814).
En 1818, à Zséliz en Hongrie, il devient le précepteur des enfants du comte Esterhazy. Il y retournera en 1824.
Excepté quelques voyages en Autriche, Schubert passera l'essentiel de sa courte existence à Vienne, et ayant abandonné la profession d'instituteur et d'aide de son père, il vivra la plupart du temps chez des amis et dédiera sa vie entière à la musique, à la composition et à des réunions musicales: les « schubertiades », ces rencontres amicales où ses lieder connaissent leurs premiers succès.
En 1822, Schubert est atteint de syphilis et sa santé ne cesse alors de se dégrader. Il tire de son malheur une musique de plus en plus profonde et émouvante, au plus près de la souffrance et de la mort qui le guette (La jeune fille et la mort, Voyage d'hiver). Il meurt de la typhoïde, peut-être contractée dans une auberge où l'on avait servi du poisson avarié, en 1828 (il avait alors 31 ans), un an et demi après Ludwig van Beethoven pour qui il a éprouvé, sa vie durant, un respect et une admiration sans limite. Il repose au cimetière central de Vienne aux côtés de Beethoven.
Les lieder
De nature bohème, Franz Schubert n'aura pendant toute sa courte vie que peu d'argent, mais il ne s'en souciera guère, d'autant que ses amis sont toujours là pour l'aider, comme il est là pour les divertir. Même s'il meurt à l'âge de trente et un ans , il aura composé plus de mille œuvres, dont six cents lieder, pièces parmi les plus essentielles de son répertoire, composées sur des textes des plus grands poètes de la langue allemande (Klopstock, Goethe, Schiller, Rückert, Heine), de ses amis (Mayrhofer, Körner, Spaun, Schober, Senn, Collin, Schwind) ou de poètes demeurés connus grâce à ses lieder (Müller).
Le baryton Johann Michael Vogl, très célèbre à l'époque, devenu l'ami et l'admirateur de Schubert, a largement contribué à faire connaître les lieder, tout comme le baron Carl von Schönstein et la cantatrice Anna Milder. Certains lieder connaîtront même un succès retentissant.
Il ne fut pas reconnu de son vivant, de nombreuses œuvres n'ayant été jouées pour la première fois que bien après sa mort. Pourtant, son sort eût pu être différent. Il avait adressé son lied Der Erlkönig (Le Roi des Aulnes) à Gœthe qui ne lui répondit jamais, bien que ce remarquable opus fût composé sur l'un de ses plus célèbres poèmes (Wer reitet so spät durch Nacht und Wind). Il est vrai que Gœthe n'a sans doute pas ouvert le document, son maître à penser en musique l'ayant tout simplement jeté à la corbeille.
Beethoven lui-même ne lui prêta que peu d'attention (malade, renfermé sur lui-même et de plus en plus désabusé et irascible, le maître ne se préoccupait guère de ses contemporains).
La plus grande partie des œuvres de Schubert (Lieder, en particulier le Winter Reise) est marquée par le rythme sans répit des pas du Wanderer, cheminant en une quête désespérée d'un ailleurs sans cesse poursuivi et jamais atteint.
Trio opus 100 pour violon, violoncelle
On a pu dire que ce trio est une des plus belles pages de toute l'histoire de la musique de chambre, et de la musique tout court...
L'andante de ce trio a été largement popularisé dans le grand public par le magnifique film de Stanley Kubrick : Barry Lyndon.